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Les derniers nomades : dix millions de Roms forment le tiers-monde de l’Europe

Leurs conditions de vie rappellent celles des Amérindiens ; leur combat, celui des Noirs américains des années 1960. Le vieux continent, aux frontières floues, tente de faire une juste place à ce peuple sans État. La Roumanie, où les Roms sont les plus nombreux, sert de pays-test.

Lire l'article de Michel Dongois sur le site

L'Union européenne et les Roms


Misto Aviljan

Mistoalen romalen ko romano web site so i si integralno kotor katar I Europsko Komisija. O Roma si integralno importantno kotor katar I Europakiri civilizacija. `O Roma-buteder lendar si amare manusha so dzivdinena sine akate. E Europakiri buti ko prioriteto si te promovirinen i inkluzija taj i partcipacija e romenge ko bitna kotora e dzivdipaskere sar ki ekonomija, ko kulturikano dzivdipe, ko butikeribe em ki shansa te anen pere odluke.

Les Roms sont une partie intégrante de la civilisation européenne. La plupart d'entre eux sont nos concitoyens. L'Union européenne souhaite promouvoir leur inclusion à part entière dans la société et leur participation dans l'économie, sur le marché du travail, dans la vie culturelle et dans les prises de décision.)

Historique

Il est généralement admis que les Roms descendent de groupes qui ont quitté le sous-continent indien vers la fin du premier millénaire ap. JC. Après une période de relative tolérance à la fin du Moyen Age, les Roms ont été victimes de persécutions répétées en Europe. L'époque la plus sombre a été la seconde guerre mondiale pendant laquelle les Roms ont été l'un des groupes victimes de l'Holocoste.

L'Europe et les Roms

Sur le présent site, le terme "Rom" comprend des personnes se désignant elles-mêmes comme Roms, Gitanes, gens du voyage, Manouches, Ashkalis, Sintis ainsi que par d'autres dénominations. L'utilisation générale du mot "Rom" ne vise aucunement à minimiser ou ignorer la grande diversité au sein des nombreux groupes différents de Roms et des communautés qui leurs sont liées. Ce terme ne vise pas non plus à promouvoir des stéréotypes.

Les Roms sont l'une des lus grande minorités ethniques dans l'UE avec des millions de personnes vivant dans la plupart des Etats membres. Leur situation est caractérisée par une discrimination persistante et une grande exclusion sociale. Les Roms sont menacés par la pauvreté et le chômage. Les enquêtes d'opinion européennes et nationales montrent que beaucoup d'Européens ont des opinions négatives à l'égard des Roms ceci résultant souvent de stéréotypes et de préjugés.

Les institutions européennes et les Etats membres ont une responsabilité commune pour améliorer l'inclusion sociale des Roms en utilisant tous les instruments et les politiques qui sont de leurs compétences respectives.

Action européenne

L'Union européenne dispose d'un cadre juridique fort pour combattre la discrimination. Elle agit par le biais des fonds structurels européens et aborde la question de la discrimination à l'encontre des Roms dans ses actions de sensibilisation. En outre, elle coordonne un certain nombre de politiques-clé qui sont particulièrement cruciales pour l'inclusion des Roms telles que l'éducation, l'emploi et l'inclusion sociale. La DG EMPL a instauré en 2008 un Groupe d'Action Rom qui examine les instruments et les politiques communautaires.

Site de la Commission Européenne consacrée aux Roms

cliquez-ici

Hongrie : La croisade anti-roms du Jobbik


Le Jobbik, principal parti d'extrême droite hongrois, a obtenu près de 15% des voix et trois sièges lors des dernières élections européennes. Son discours qui criminalise la minorité rom soulève de nombreuses inquiétudes, car les agressions et les meurtres à l'encontre des Roms se sont multipliées dernièrement en Hongrie, souligne Respekt.

Lire l'article en français de Ivana Kottasova cliquez ci-dessous


L'Union Européenne condamne la Croatie

Court Condemns Croatia for Failing to Fulfill Its Positive Obligations under Article 3 of the ECHR

Last Updated: 2009-06-26 12:47:30

Strasbourg, 26 June 2009: Yesterday, the European Court of Human Rights delivered its judgment in the case of Beganović v. Croatia concerning the violent beating of Mr Darko Beganović, a Romani man, by a group of seven men and the failure of Croatian authorities to conduct an effective investigation and prosecute the perpetrators.

The Court held that the Croatian prosecuting authorities and the courts failed to satisfy the requirement of effectiveness of the criminal-law mechanisms for the purposes of Article 3 of the European Convention on Human Rights and Fundamental Freedoms (ECHR) prohibiting torture, inhuman and degrading treatment. The ineffectiveness on part of the prosecuting authorities resulted in the criminal complaint against the perpetrators becoming time barred.

The applicant in the case was brutally beaten in the company of five friends by a group of seven young men on 24 April 2000. The seven men proceeded to hit him until he fell to the ground and then continued kicking him. When the beating stopped and Mr Beganović stood up, he was hit on the head with a wooden plank, which caused him to lose consciousness. As a result of the violent group beating, Mr Beganović sustained bodily injuries, including a concussion.

Domestic criminal complaints were lodged on 12 June 2000 by the applicant’s counsel against the seven individuals. However, due to inactiveness and erroneous handling of the criminal complaint by the prosecutorial authorities, the complaint became time barred as of 23 April 2004.

As a result, the ERRC and its partner, local lawyer Lovorka Kušan, lodged an application with the European Court of Human Rights on 9 November 2006 claiming violations of, inter alia, Article 3 of the ECHR, based on the failure of the Croatian authorities to take the appropriate and necessary steps in the criminal proceedings against the seven perpetrators.

Mr Beganović was awarded 1,000 EUR non-pecuniary damages; the court also awarded 6,250 EUR in respect of costs and expenses.

The full text of the judgment is available HERE.

For further information, contact:

Lydia Gall, ERRC Legal Advisor,
lydia.gall@errc.org, + 36.1.413.2200

2009-06-26


Pour plus d'informations cliquez sur l'image


L'accès à l'asile est un droit, pas un choix !

4 juin 2009 : Communiqué de presse du Réseau européen contre le racisme

Aujourd’hui, le Conseil Justice et Affaires intérieures de l’UE discute de l’immigration irrégulière dans la région méditerranéenne. A cette occasion, le Réseau européen contre le racisme (ENAR) exhorte les Ministres à respecter le droit fondamental à l’asile et à s’assurer que les mesures de contrôle de l’immigration n’entravent pas l’accès à la protection internationale pour les personnes qui en ont besoin.
Ceci est d’autant plus important en vue de la décision récente du gouvernement italien de renvoyer des migrants vers la Libye sans aucune évaluation de leurs besoins de protection. Cette politique enfreint clairement les normes internationales des droits de l’homme. Dès lors, l’UE et ses Etats membres doivent de toute urgence appeler l’Italie à mettre une fin immédiate à ces politiques.
A l’heure où le gouvernement italien recherche des soutiens pour que ses actions forment la base d’un modèle pour l’UE, ENAR appelle tous les États membres de l’UE à ne pas soutenir le gouvernement italien à moins que des garanties solides pour le respect total du droit à l’asile ne soient fournies.
D’autre part, une action coordonnée afin de trouver une solution à la situation dans la Méditerranée est nécessaire, mais il est crucial que les actions envisagées par l’UE défendent le respect des obligations et des droits de l’homme internationaux en matière d’asile.
La décision de l’Italie viole également le principe fondamental de non-refoulement, entériné dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés ainsi que dans la législation de l’UE, et qui interdit le renvoi des réfugiés vers des pays où ils risquent d’être persécutés. Les États sont obligés de respecter ce principe où qu’ils exercent leur juridiction, y compris dans les hautes mers. ENAR soutient dès lors le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) qui a appelé au respect de ce principe et à réadmettre les personnes renvoyées par l’Italie et qui sont identifiées par le HCR comme demandeurs d’asile.
« L’UE doit respecter ses valeurs et principes fondamentaux ; si elle veut être un modèle pour le reste du monde, elle doit prendre ses responsabilités au sérieux. La décision de l’Italie est une violation de ces principes de base et ne devrait en aucun cas pouvoir continuer », a déclaré Mohammed Aziz, Président d’ENAR.

L'ENAR préoccupé par la montée de l’extrême droite au Parlement Européen

Communiqué de presse du 8 juin 2009

Le Réseau européen contre le racisme* (ENAR) est fortement préoccupé par les progrès de l’extrême droite dans plusieurs États membres de l’UE lors des élections européennes. Des partis d’extrême droite ont remporté des sièges en Autriche,Danemark, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Roumanie et Royaume Uni. Malgré un déclin dans certains États membres, comme la Belgique, la France et la Pologne, il existe un danger que ces partis forment un groupe d’extrême droite au Parlement européen1.

Lire le communiqué de presse sur le site



*Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) est un réseau d’ONG européennes oeuvrant pour lutter contre le racisme dans tous les Etats membres de l’UE et représente plus de 600 ONG réparties dans toute l’Union européenne. ENAR est fermement résolu à lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, à promouvoir l’égalité de traitement entre citoyens de l’UE et ressortissants de pays tiers et à assurer la liaison entre les initiatives locales/régionales/nationales et européennes.

Le Pape dénonce une renaissance préoccupante du racisme

Benoît XVI a dénoncé dimanche une renaissance "préoccupante" du racisme due souvent à des "problèmes sociaux et économiques", lors de la prière de l'Angélus à Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes dans les environs de Rome.

"Une des grandes conquêtes de l'humanité est d'avoir permis de dépasser le racisme. Malheureusement, de nouvelles manifestations préoccupantes de racisme sont enregistrées dans certains pays, souvent liées à des problèmes sociaux et économiques, mais ces derniers ne peuvent jamais justifier le mépris et la discrimination raciale", a poursuivi le pape sans mentionner aucun pays.

Une violente polémique a opposé ces derniers jours un hebdomadaire catholique italien au gouvernement de droite de Silvio Berlusconi, contraignant le porte-parole du Vatican à prendre ses distances avec le journal et soulignant qu'il "n'exprime pas la ligne du Saint-Siège".

L'hebdomadaire Famiglia Cristiana avait à plusieurs reprises dénoncé comme "indécent" et "raciste" le projet gouvernemental de prendre les empreintes digitales des enfants de nomades et critiqué les faibles réactions provoquées en Italie par cette mesure et d'autres sur la sécurité et lutte contre l'immigration clandestine, évoquant dans son dernier éditorial le spectre du fascisme. (article paru dans La Croix du 17/08/2008)

Source ICARE Centre Internet Anti Racisme Europe

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Mort d'un étudiant Qatari en Grande Bretagne

Un Qatariote de seize ans, au Royaume-Uni pour un stage linguistique, est décédé après une agression survenue à Hastings, dans le sud de l'Angleterre, et qualifiée de "raciste" par la police, a-t-elle indiqué aujourd'hui.
Mohammed Al-Majed a été agressé suite à un différend avec une bande de jeunes Britanniques. Selon des témoins, le Qatariote a été roué de coups vendredi soir par ses assaillants, visiblement ivres. Souffrant d'une grave blessure à la tête, il a été admis dans un hôpital londonien, où il est décédé dans la nuit de samedi à dimanche, a précisé la police du Sussex.

L'enquête préliminaire laissait à penser que la mort avait été due aux coups infligés à l'étudiant mais l'examen post-mortem a révélé que le Qatariote est en fait décédé en raison d'un traumatisme crânien subi lors d'une chute au sol, a précisé la police.

L'enquête devra déterminer si l'étudiant a été poussé, a-t-on indiqué de même source.
Un homme de 18 ans était interrogé par la police mardi matin. Trois autres jeunes, âgés de 17, 18 et 20 ans, ont été interpellés et remis en liberté. (article paru dans Le Figaro du 26/08/2008)

Source ICARE Centre Internet Anti Racisme Europe

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La Fundatia Parada, un nez rouge contre l'indifférence

La Fundatia Parada est une fondation roumaine indépendante ayant pour mission d'utiliser l'Art comme soutien éducatif et moteur de réintégration des enfants des rues de Bucharest en Roumanie.
Comme toutes les belles histoires, celle de Parada débute par "il était une fois ... un clown".
Des nez rouges au fond des poches, Le sourire comme ambassadeur, une volonté farouche de proposer un avenir aux enfants qu'il rencontre en 1992 dans les rues de Bucharest, Miloud Oukili à force de patience, convaint nombre de jeunes à quitter la vie des rues et à rejeter la violence et les dangers quotidiens qui en découlent.
En 1994, avec le soutien d'un ami, il créé la fondation Parada.

Parada s’est développée en proposant une méthode originale de réinsertion sociale des enfants marginalisés à travers les arts du spectacle, et particulièrement ceux du cirque.
Approchés sur leur lieu de vie et sur le mode ludique propre à l’enfance par le biais de spectacles de rues, ces enfants perdus, que la société rejette, sont invités à entrer à leur tour dans le spectacle.

La discipline du cirque les amène petit à petit à retrouver un certain nombre de repères et à se donner les moyens de reprendre pied dans la vie.






Bucharest : enfants des rues 10 ans après



Dix ans après son premier reportage sur les enfants des rues de Bucharest, la photographe Flore-Aël Surun repart en Roumanie retrouver ceux qu'elle avait longuement côtoyé. En 1997, ils étaient entre 3 et 5000 calfeutrer sous terre, le long des canalisations d'eau chaude de la ville. La situation s'est nettement amélioré puisqu'on les estime à présent à moins d'un millier. Dix ans plus tard, les retrouvailles avec les enfants d'hier sont souvent décourageantes. Elvis ou Mihael sont en prison tombés pour vol ou pour deal d'héroine ; Lancu, Mari-Cica ou Dan fréquentent encore le même canal de la ville ; Christina ou Anka sont décédées, emportées par la maladie ou par leurs difficiles conditions de vie ; Rubina, Anne-Maria ou Raphael sont partis à l'étranger, souvent en Italie, espérant trouver là-bas une vie meilleure. Certains bien sûr comme Marian ou Corina s'en sont sortis. Mais force est de constater que ces miraculés des rues restent rares.
Retour à Bucharest pour faire le point sur l'évolution et la situation actuelle des enfants des rues.

Visionnez le diaporama du Secours Catholique
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Orphelinats et Internats en Moldavie


Les autorités de Chisinau présentent en première des informations sur les conditions des orphelinats et internats de Moldavie, un an après la réforme des institutions résidentielles pour enfants.

A la fin de l’évaluation, on a constaté que parmi ceux qui travaillent dans ces institutions (67 institutions), 1/3 font partie du troisième âge ou presque, et une institution sur deux n’a pas de groupe sanitaire dans les établissements avec chambres à coucher.

« Moi, je ne changerais rien. Ici tout est comme il faut : nous sommes nourris à temps, nous sommes couchés, habillés aussi à temps, nous jouons à temps, les cours commencent à temps... », dit la petite Cristina.

Cristina reste la moitié de la journée à l’internat et le soir elle... lire la suite de l'article

Moldavie : de la pauvreté à la prison

Enfants dans la bibliothèque d'un internat. Le risque de délinquance est
élevé pour les enfants qui sortent d'institutions

En Moldavie, l’Unicef soutient le gouvernement pour développer les alternatives à l’emprisonnement des mineurs.
(source Unicef : publié le 29 octobre 2007)

Ray Virgilio Torres, représentant de l’Unicef en Moldavie, n’en revient pas : « Un mineur a été condamné à 5 ans de prison pour avoir volé un poulet, sous prétexte que c’était une récidive ! »

En Moldavie, 80% des affaires impliquant des mineurs renvoient à des vols, commis en général sans violence, dont la la raison s’explique par la pauvreté.

C’est que la Moldavie, derrière sa croissance de 8% par an, cache une très grande disparité de revenus : si une élite s’enrichit, à l’opposé 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue. Les familles nombreuses sont .... lire la suite de l'article

Pacte européen sur l’immigration et l’asile : Communiqué de l'AEDH

Confirmant l'orientation politique sécuritaire de l'Union Européenne en matière d'immigration et d'asile, le Conseil des ministres européens de l'intérieur, en réunion informelle, a approuvé, le 7 juillet 2008, une version amendée du " Pacte européen sur l'immigration et l'asile", proposé par la présidence française.

L'AEDH accueille positivement le fait que plusieurs États membres se soient opposés à un certain nombre de propositions contenues dans la première version du Pacte, en particulier concernant le contrat d'intégration. Mais sur le fond, le principe même du Pacte reste inacceptable en ce qu'il adopte une vision purement utilitariste des migrations, fait de la répression le mode privilégié de régulation de l'immigration et qu'il est porteur de régression importantes au regard des conventions internationales, des droits des migrants et des demandeurs d'asile.

L'AEDH dénonce particulièrement... lire la suite du communiqué

Appel à la mobilisation


La France a fait du thème des migrations l’une des priorités de la présidence française de l’Union européenne du second semestre 2008.

Les 13 et 14 octobre, le conseil des ministres de l’Union européenne se réunit à Paris pour adopter un « pacte européen sur l’immigration et l’asile ». Par ailleurs, après une première réunion à Rabat en 2006, la deuxième conférence interministérielle euro-africaine en matière de migration et développement se déroulera à Paris les 20 et 21 octobre 2008.

La France entend proposer à ses homologues européens l’adoption... lire la suite de l'appel

A la date du 1er août 164 organisations ont déjà signé l'appel
: voir la liste mise à jour

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Tract xénophobe en Italie


Dans son édition du 1er juin 2008, le journal Le Monde publie un article sur les réactions en Roumanie à la suite d'un tract à caractère xénophobe apposé à l'entrée d'une entreprise du nord-est de l'Italie.
Montrée du doigt comme la première responsable de la délinquance pendant la campagne des élections législatives d'avril dernier en Italie, il ne faut pas s'étonner de voir se développer chez certains des comportements xénophobes et racistes qui cible particulièrement la communauté Rom.
Triste réalité qui rappelle les heures sombres de notre histoire !

Un tract xénophobe indigne les Roumains
LE MONDE | 31.05.08

Les autorités roumaines et les associations des Roms de Roumanie condamnent en bloc les dérapages racistes apparus en Italie. L'indignation a été exacerbée par un message apposé à l'entrée d'une entreprise d'usinage de bois de Pieve di Soligo (nord-est de l'Italie) et repris dans la presse roumaine, qui annonce "le lancement de la saison, durant toute l'année, de la chasse aux animaux sauvages migrateurs comme les Roumains, les Albanais, les Kosovars, les les Musulmans, les talibans, les Afghans, les Tziganes et les extracommunautaires en général".

Ce tract n'a donné lieu à aucune dénonciation officielle italienne que celle de la Confédération générale italienne du travail (CGIL, gauche), par laquelle l'affaire a été révélée. L'ambassade de Roumanie à Rome a demandé des mesures contre les auteurs de "ce texte à caractère extrémiste et xénophobe prononcé".

L'association des Roms de Roumanie, Romani Criss, dénonce, quant à elle, l'"extrémisme" de la nouvelle politique italienne d'immigration. "Il est inconcevable que, dans l'Europe de 2008, on combatte la délinquance selon des critères ethniques, il s'agit là d'une politique d'inspiration extrémiste, a affirmé son dirigeant, Marian Mandache, par ailleurs avocat. Il ne resterait plus que de contraindre les Roms à porter une étoile ou une banderole pour que l'on revienne soixante-dix ans en arrière, à une époque dont on ne veut plus se souvenir."

Les allusions au nazisme se multiplient en Roumanie et risquent de nuire aux bons échanges économiques entre les deux pays. 23 000 entreprises italiennes sont implantées en Roumanie et des milliers de Roumains travaillent en Italie. L'organisation Caritas estime à 556 000 le nombre de Roumains installés dans la Péninsule mais, selon d'autres estimations, leur nombre, qui aurait fortement augmenté depuis l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne en 2007, pourrait atteindre 1 million de personnes.

Montrée du doigt comme la première responsable de la délinquance pendant la campagne des élections législatives italiennes d'avril, qui a vu le triomphe de la droite, cette communauté se sent aujourd'hui fragilisée.

Mirel Bran
Article paru dans l'édition du 01.06.08
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Pogromes anti-Roms en Italie

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Le journal Il corriere della serra relate les tristes événements survenus le 15 mai 2008 à Ponticelli à l’est de Naples, véritables pogromes qui ont incendié et détruit les campements de Roms du quartier surnommé le Bronx de Naples. Étant donné l’importance de ce témoignage, j'ai souhaité le publié sur ce blog car il témoigne des conséquences des discours politiques extrémistes et à connotation raciste qui stigmatisent une catégorie d'êtres humains et la rend aux yeux du "bon peuple" comme responsable des maux d''une société en crise.
Traduit en français, cet article de Marco Imarisio pour le Corriere della Sera témoigne de ce déferlement de haine et de violence.




In motorino con le molotov « È la nostra pulizia etnica »

Le bande di incendiari partono dal fortino del boss

NAPLES –

Au début il y a seulement une colonne de fumée, un signal que personne ne lie à l’essaim de cyclomoteurs qui traversent le croisement de rue Argine, deux garçons en selle sur chaque scooter. L’explosion arrive quelque instant après : ce sont les bouteilles de gaz entreposées dans une baraque prise par le feu.. Les flammes arrivent jusqu’à à la limite des lampadaires, la fumée devient un nuage noir et toxique, gonflée d’ordures et de plastiques calcinés Les baraques des Rom de la rue Malibrand forment un bûcher énorme.
Ponticelli, 13h30, le règlement de comptes avec les “tziganes” est définitif et sans pitié.
La circulation qui devient folle, le son des sirènes, les camions des pompiers, des papiers noircis qui voltigent dans l’air, les agents de garde au camp qui se regardent, perplexes. Ils restaient devant, ceux à cyclomoteur sont arrivés par derrière. Ils ouvrent les bras, ensuite, ce n’est pas si grave, beaucoup des Rroms étaient partis dans la nuit. “Cela aurait été mieux mieux” s’ils avaient été là”, regrette un homme en polo noir Adidas. “Ceux-là on devrait tous les tuer.” Il parle depuis l’habitacle de sa Fiat Punto, où est accroché bien en évidence un crucifix où est écrit , “Sainte Maria delle Arco protégez -moi.”
Le premier acte du spectacle, parce qu’il y en aura d’autres, s’est déroulé devant la Villa communale, l’unique oasis de verdure, avec piste cyclable annexe, de ce quartier à la périphérie orientale de Naples, où l’horizon est délimité par de vieux Hlm, filles de la spéculation immobilière voulues par Achille Lauro.
Un homme grisonnant avec un blouson de jeans sur les épaules est le plus enthousiaste. “Qui travaille honnêtement peut rester, mais pour les autres il faut prendre des mesures, même avec le feu.” Le feu purifie, il bonifie le terrain”.”de ces merdes qui ne se lavent jamais”, ajoute un garçon avec des lunettes de soleil, cheveux gominés, tee shirt à la mode avec un coeur dessiné dessus, celui produit par Vieri et Maldini. Il y n’a pas de démocratie et l’État ne nous protège pas. Il ajoute, “la purification ethnique est nécessaire” mais comprend-il vraiment le sens de cette phrase ?
Quand ils sont devant les télévisions, la réalité devient plus présentable, on embellit. La grosse femme avec le sac à provisions qui l’instant d’avant applaudissait et invectivait les pompiers -”laisse les brûler, autrement ils reviennent “- “Sainte Vierge quel désastre, pauvres diables, heureusement qu’il ne reste personne là-dedans”. Le garçon aux lunettes de soleil devient soudainement plus calme : “c’est juste de les chasser, mais pas de cette manière.” La caméra de télévision s’éteint, il éclate de rire.
Sous un arbre, de l’autre côté de la rue, il y a un groupe de garçons qui observent la scène. Ils regardent tout et tout le monde, personne ne les regarde. Ils semblent invisibles. Leur scooter est garé sur le trottoir. Le chef est un garçon avec un tee shirt moulant noir, les cheveux coupés courts sur le côté. Tous les présents savent qui il est, ils en connaissent avec précision sa parenté. C’est un des petits-enfants du cousin du “maire” de Ponticelli, ce Ciro Sarno qui même depuis la prison continue à être le signore du quartier, chef d’un clan de camorra qu’il a fait de l’enracinement dans le quartier sa force. Quand il voit que la confusion est à son maximum, il fait un signe aux autres. Ils s’activent et, ils démarrent leurs cyclomoteurs.
Dix minutes après, du camp adjacent, celui en face des immeubles de douze étages appelés les Cinq tours s’élève un autre nuage de fumée dense et épaisse. Le camp est délimité par un tas d’ordures et de bâches. Ce sont les premiers à brûler, la fumée enveloppe les Hlm. La claque se déplace, à moins de 200 mètres il y a un nouvel incendie à applaudir. Les garçons en cyclomoteur disparaissent.
La radio de Police secours informe qu’il y a aussi des flammes dans les deux camps de rue Virginia Woolf, à la frontière avec la commune de Cercola. Sur le sol détrempé il y a une paire de bombes incendiaires rudimentaires. Les Rroms se sont échappés à la hâte. Dans les baraques il y a encore des marmites sur les fourneaux, les cartables des enfants. À l’entrée d’une de ces habitations en tôle et contre-plaqué, tenus ensemble par une gomme spongieuse, il y a un tableau encadré qui contient la photo agrandie d’un enfant souriant, habillé en Polichinelle. Florin, carnaval de 2008, la fête de l’ école élémentaire de Ponticelli.
A 14h50 il commence à pleuvoir à torrents, une pluie battantequi éteint tout. “Il valait mieux finir le travail”, dit un homme âgé pendant qu’il se réfugie sous un auvent de la Villa communale. Une demi-heure plus tard, dans le quartier De Gasperi on voit beaucoup de ces visages jeunes qui montaient et descendaient des cyclomoteurs. C’est le fortin des Sarno, des maisons agglomérées, ceint par un vieux mur, avec une seule rue pour entrer et une pour sortir, avec des guetteurs qui feignent de lire le journal sur un banc et par contre qui sont payées pour signaler qui va et surtout qui vient.
Mais cette chasse à l’homme ne s’explique pas seulement par la camorra. Cela serait rassurant, mais il n’est pas ainsi.
En dessous de l’échangeur de l’ autoroute Naples-Salerne, il y a encore les trois derniers camps rroms habités. Des plaques de ciment de l’autoroute tombent des flots d’eau marron sur les baraques. Vous êtes entourés par une série de panneaux en bois. Un groupe de femmes et de garçons qui habitent dans les maisons les plus délabrées, celles de la rue Madonnelle, traverse la place et se mettent devant ” venez dehors pour que nous vous tuions”, “nous avons préparé les bâtons.” La police se démène, un inspecteur tâche de raisonner ces femmes en furie. “Est-ce que vous n’êtes pas des braves gens, c’est ce qu’il leur dit, “Vous allez à l’ église le dimanche, et maintenant vous voulez jeter de pauvres enfants à la rue ?” Ouiiii répond le coeur. De derrière les panneaux apparaît une fille, la tête couverte d’un foulard trempé de pluie, elle tremble, de froid et de peur. Comme pour se protéger, elle tient sur son sein une fillette de quelques mois. Elle salue une des femmes les plus exaltée, une dame bien en chair. Elle la connaît. “Cette nuit nous partons. S’il vous plaît, ne nous faites pas de mal.” La dame écoute en silence. Puis elle fait un pas vers la Rrom, et elle crache. Elle rate la cible, elle atteint en pleine figure la fillette. L’inspecteur qui restait sur la trajectoire du crachat incendie du regard la femme. Tous les autres applaudissent. “Bien, très bien.”

En avant vers le Moyen-Âge, chacun à son rythme !

Imarisio Marco



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